Assise et impassible, elle attend. Elle ne sait ni qui ni quoi, elle est simplement là. Son visage enfantin est dénué d'émotions, ses yeux sont vides d'expressions. Elle courbe la nuque, laissant ainsi le flou de ses cheveux effleurer ses joues trop pâles. Ses mains sur son coeur fragile et de ses lèvres fines, un râle de douleur. Petite, elle se balance avec lenteur, faiblement portée par ses chevilles ammaigries. A peine vivante, il est dur de croire que sa bouche sèche de baisers puisse encore chanter. Une mélodie étonnante, comme ce sourire qui finit par percer. Elle pleure en silence, larmes révélatrices de la peine qui ronge son cerveau. Les passants, autour d'elle, marchent avec indifférence, ignorant les rayures sur sa peau. La nuit l'innonde mais elle continue de chanter. Sa voix est fade, comme un amour qu'on aurait oublié. Il n'y a ni intonations ni surprises. Elle se laisse glisser dans un trou sans fond que son amant, à coup de désillusions, aiguise. Le béton rugueux du trottoir sous mes jambes maigres, je suis désemparée par la terrible image que la vitrine du magasin me renvoie. Ce n'est pas moi, ça. Moi je ne suis pas simplement là, à attendre je ne sais qui ni quoi. Moi, j'attends réellement : je t'attends toi.
Sarah.
Sarah.




